MT Lab Zoom #7 : Covid 19 - Rencontre avec Martin Massé , Vice président - Affaires publique chez Aéroport de Montréal

État de la situation

Depuis 2 semaines, il ne reste que 3 aéroports canadiens pour accueillir les québécois et canadiens d’outre-mer qui tentent de revenir dans leur pays.

La situation à l’aéroport de Montréal est difficile dû au manque d’effectifs qui a été réduit à son minimum alors que plus de 1 000 passagers arrivent encore chaque jour. 

Au niveau des vols transfrontaliers avec les États-Unis, les vols sont quasiment vides mais leur gouvernement continu de subventionner leurs opérations. Et dans le cas des vols internationaux, il ne s’agit que de vol de rapatriement.

Services aux passagers : les contractuels ou commerçants ont presque tous fermés ou ont réduit le nombre d’heures dans leurs contrats de services. Pour les employés d’ADM, la baisse à venir des opérations au minimum devront mener à des décisions difficiles dans les prochains jours.

Est ce que l’Aéroport de Montréal a déjà changer ses procédures d’accueil? Si c’est le cas, quels en sont les impacts ?

  • En tant qu’institution de juridiction fédérale canadienne, nous nous devons d’appliquer les directives provenant du gouvernement fédéral. 
  • L’aéroport a identifié les endroits les plus à risque et a augmenté les fréquences de nettoyage de ces espaces.
  • Dans les derniers jours, des agents de la santé publique étaient sur place pour passer les messages concernant la mise en quarantaine et les mesures à respecter. Ce sont désormais les agents des douanes qui font le message aux passagers arrivants chaque jours.

Quels sont les prochaines étapes? Comment vous percevez le redémarrage?

  • Présentement la date connue pour la réouverture des frontières est le 30 juin.
  • Cependant, l’un des enjeux avec le 30 juin, c’est qu’il sera encore pratiquement impossible de croire que la relance se fera aussi rapidement. 
  • Le secteur du transport aérien souhaite que la date soit devancée. Si ce n’est pas le cas, les industries aériennes annuleront leurs vols vers le Canada et ce, jusqu’en automne car il est plus facile d’avoir un horaire d’été à la base et de l’annuler au fur et à mesure que d’en créer un à mi parcours.
  • En terme de reprise graduelle, il y aurait un scénario de “ponts aériens”. Certains grands hubs ouvriraient ex : Paris, Londres, Francfort – et des vols pourraient être ouvert entre eux.
  • Et il y aura aussi une gestion politique au niveau des transport domestiques au Canada.

Qu’en est-il avec les communautés culturelles et les diasporas au Canada?

  • Dans les scénarios de reprises, il n’y a pas de science précise. Normalement, tout porte à croire que le tourisme d’affaires reprendra plus rapidement au niveau domestique.
  • Le voyage de la diaspora mondial au Canada sera probablement plus élevé car ils voudront voyager pour aller revoir leur famille ailleurs (ex: pour des drames liés au COVID 19).

Les low-cost en Europe annonce déjà des prix? Est-ce qu’il va y avoir une tendance des prix vers le bas?

  • Le rapport du Bureau de la concurrence donne une recommandation négative d’un regroupement entre Transat A.T. inc et Air Canada – ceci cit, c’est le ministère du transport qui a autorité sur le dossier. 
  • Avec le scénarios de relance avec des ponts aériens dans divers hub internationaux seulement, il y aura nécessairement un nombre limité de sièges disponibles et donc la stratégie du bas prix ne fonctionnerait pas.
  • Cependant, l’enjeu du foyer  COVID 19 aux Etats-Unis peut avoir une impact pour les aéroports canadiens, puisque la majorité des voyages courts termes se font entre le Canada et les États-Unis.

Qu’est ce qui changera à long terme (hygiène, santé, transformation de l’écosystème)?

  • Il y a quelques jours, Santé Canada a publié la liste de vols ayant transporté des passagers infectés depuis le début de la crise. Il a été mentionné qu’aucun cas de contamination n’a été fait durant un vol. La proximité sur le vol n’a donc pas été une source de contamination.
  • Sachant cela, il sera néanmoins primordial d’intégrer de nouvelles mesures d’hygiène dans les avions mais aussi dans les aéroports.

Est ce que l’Aéroport de Montréal connaît déjà ses nouveaux besoins d’innovation pour la relance?

  • Les besoins d’innovation ne viendront pas de l’Aéroport de Montréal mais davantage de la part de Transport Canada. car le processus passager vient de transport canada. 
  • L’enjeu de liquidité est le premier volet à attaquer. Cet enjeux oblige l’organisation à réduire de près de 50% son budget d’investissement en innovation.
  • Les projets devront être financés autrement dû à l’enjeu de liquidité.
  • Les réglementations nous obliges a faire des modifications dans le lieu physique de l’aéroport (ex: accessibilité) ce qui occasionne des changements dans les infrastructures. 
  • Il existe présentement deux projets pilotes avec le gouvernement hollandais:

« Le projet pilote sera mis en place en 2019 et 2020 sur les liaisons entre Toronto ou Montréal et Amsterdam, exploitées par Air Canada et KLM, et fera en sorte que chaque voyageur aura le contrôle de l’utilisation de sa propre identité, protégée par la technologie de registre distribué (chaîne de blocs) et la cryptographie.

[…], ce nouveau système d’identification vise à accélérer le passage des contrôles de sécurité dans les aéroports, au moment où l’on prévoit une hausse de 50% du nombre de voyageurs d’ici 2030. »

Violaine Ballivy, La Presse

  • Les projets de numérisation et digitalisation du parcours passager vont devoir être accélérer.